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REFLEXION ET PARTAGE

REFLEXION ET PARTAGE

Des écrits sur mes reflexions du moment: histoire, philosophie, théologie, mes escapades, mais aussi des textes sur la nouvelle langue française


I- UNE BREVE RADIOSCOPIE DE SAINT LUC

Publié par REFLEXIONS ET PARTAGE sur 24 Octobre 2019, 20:23pm

Catégories : #THEOLOGIE

I- UNE BREVE RADIOSCOPIE DE SAINT LUC

I.- une brève radioscopie de saint luc

Quelques traits du visage de saint Luc.

1° trait : évangéliste sérieux et bien renseigné, saint Luc se présente à nous comme celui qui a vécu les débuts de l’église. Il a donc connu le lancement de l’église, ces heures toutes neuves des commencements. Luc est tout proche des faits qu’il raconte, des personnes qu’il présente, des paroles qu’il rapporte. C’est un témoin, un témoin bien placé et sur lequel nous pouvons prendre appui. Et quand nous savons, comme il le dit lui-même au début de son œuvre, le sérieux qu’il a mis pour rassembler tous les souvenirs sur le Christ : « Il m’a paru bon à moi aussi, nous dit-il, après m’être informé de tout, à partir des origines, d’écrire un récit ordonné, afin que vous puissiez constater la solidité des enseignements que vous avez reçus ». (Lc 1, 2-4) Donc, quand nous savons le sérieux avec lequel Luc a écrit, alors oui ! Nous pouvons dire que notre foi repose sur des fondements qui tiennent.

2ème trait : Un païen converti, ouvert aux païens. Luc, nous le savons par la tradition qui nous paraît très ferme, est non seulement l’évangéliste proche des événements racontés, mais il est aussi un païen converti. Originaire de Syrie, d’Antioche, cette grande ville où se côtoyaient tous les peuples d’Orient, et où les disciples du Christ ont reçu pour la première fois le beau nom de Chrétien, il est le seul évangéliste à ne pas être juif : c’est important ! Il ne sera pas enfermé, ni gêné par le carcan d’un certain judaïsme. Il verra grand et large. Dans son évangile, on respire l’air de l’universel.

3ème trait : Luc est aussi médecin. La tradition n’a jamais mis de doute sur ce point, et Paul, l’apôtre, l’a toujours présenté ainsi. Dans une lettre aux Chrétiens de Colosses, Paul a soin de terminer par ces mots familiers : «Vous avez les salutations de Luc, le cher médecin » (Col 4, 14).

  1.   Du médecin, il possède la culture. Il sait écrire. Son évangile, sur le plan littéraire, est de beaucoup le meilleur. Luc a le souci de la composition, qu’on ne peut nier. Il sait que son évangile va être lu par les grands de son époque, par les hauts placés de ce monde gréco-romain, auxquels il appartient lui-même. à cet habillage plein de finesse, beaucoup seront sensibles. Ce sera un tremplin très précieux pour les conduire plus loin.

b) Du médecin, non seulement il a la culture, mais il a aussi l’esprit d’observation, ce qui lui permet de porter un diagnostic sérieux sur :

- les événements et les personnes, un diagnostic qui va aider ses lecteurs à mieux comprendre et à avoir plus de lumière ;

- le Christ.

c) Du médecin, il a, enfin, cette attention extraordinaire à toutes les misères humaines, qu’elles soient physiques ou morales.

De son métier, il est fait pour guérir. Voilà pourquoi il met en grosses lettres, pour ainsi dire, tous les gestes et paroles du Christ, où celui-ci fait transparaître toute sa sensibilité d’homme pour la souffrance humaine. à Naïm, devant une veuve qui va enterrer son enfant unique, Jésus est « tout chaviré de pitié » (7, 13), nous dit Luc.

Devant une femme complètement courbée, Jésus ne peut se retenir. Il la redresse, car il défend la vie à tout prix (13, 10-13). Partout, « Jésus est pris aux entrailles ».

L’évangile de Luc, médecin, est un hymne exceptionnel à la vie ; c’est  l’évangile qui fait émerger toutes les énergies vitales contenues dans l’homme, mais qui viennent de Dieu lui-même.

4ème trait : Luc nous est connu, non seulement comme témoin privilégié des débuts de l’église, non seulement comme païen converti qui voit grand, non seulement comme médecin attentif aux misères humaines, mais il nous est connu, enfin, comme le compagnon fidèle de l’apôtre Paul.

C’est son confident. Peut-être même était-il son médecin personnel ! Quoi qu’il en soit, à la fin d’une de ses lettres à son disciple Timothée, Paul écrit ces mots qui en disent long sur les liens qui unissaient l’apôtre et l’évangéliste : « Seul Luc est avec moi » (2 Tm 4, 11).

Luc est, en effet, le fidèle compagnon de l’Apôtre et cela jusqu’au bout. On comprend que Paul ait marqué profondément l’évangile de Luc.

Paul, l’apôtre des ‘gens du dehors’. Paul, l’apôtre des païens et non des initiés à la religion juive du temps, va lui donner cette ouverture au monde, que pas un autre évangéliste aura comme lui. Paul est réellement ‘l’illuminateur’ comme on l’a écrit au II° siècle. Par contre, et en retour, l’évangéliste Luc est, lui aussi, lumière sur Paul. Il en est l’historien, avisé et unique, dans le livre des « Actes des Apôtres », le second tome de son œuvre, qui fait suite aux évangiles.

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