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REFLEXION ET PARTAGE

REFLEXION ET PARTAGE

Des écrits sur mes reflexions du moment: histoire, philosophie, théologie, mes escapades, mais aussi des textes sur la nouvelle langue française


LA PRESENTATION DE JESUS AU TEMPLE

Publié par REFLEXIONS ET PARTAGE sur 26 Janvier 2021, 18:33pm

Catégories : #REFLEXIONS ET PARTAGE, #THEOLOGIE, #RELIGION

LA PRESENTATION DE JESUS AU TEMPLE

 

La Présentation de Jésus au Temple (2, 22-38)

* La purification de Marie. Marie s’y soumet. C’est la Loi, elle fait « comme tout le monde » (Lv 12, 2-4). Et en même temps, elle fait son offrande pour le premier-né (deux tourterelles : Lv 5, 7 ; 12, 8). Ces deux gestes ont une profonde signification :

La purification de la femme : à cette époque, l’idée que l’on se faisait de la sexualité était mauvaise. Elle était marquée par l’impureté (au sens fort, presque de la saleté !) et par l’immoralité, presque le péché ! D’où l’impérieux besoin de purification. Il a fallu longtemps, très longtemps, pour faire évoluer et pour éclaircir ce point obscur.

C’est le Concile Vatican II qui l’a fait. L’église a jugé et considéré que cet aspect de purification de Marie était devenu obsolète et n’avait plus de raison d’être. La théologie du corps a permis ce progrès. L’église a reconnu que la sexualité avait été créée par Dieu lui-même et que son activité était, dans le but de la procréation, non seulement admise, mais bonne.

Par contre, l’église a focalisé notre attention sur la présentation de Jésus et son offrande comme premier-né.

La présentation de Jésus et le rachat du premier-né : Cette présentation et ce rachat prennent leurs racines dans une vision religieuse de la nature. Pour reconnaître la souveraineté de Dieu (« Dieu premier servi »), on lui offrait les prémices, les premiers fruits, les premiers-nés du troupeau. Exemples : lors des moissons et lors des vendanges. Les droits de Dieu étaient ainsi placés au premier rang. Pour les premiers-nés des enfants, étant donnée l’interdiction formelle des sacrifices humains (cf. Lv 18, 21 ; 20, 2-5 -- interdiction qui, il faut bien le dire, hélas ! n’était pas toujours respectée, cf. Ps 106(105), 37-38 ; Dt 32, 17 et même 1 Co 10, 20 !), donc, étant donné cette interdiction, on offrait des tourterelles, ou des agneaux (voir Abraham ; Lv 12, 6-8).

Cet événement familial et rural va s’accrocher à un événement national : la libération d’égypte. Pour reconnaître les droits de Dieu libérateur et lui rendre grâce, chaque famille lui offrira un agneau en reconnaissance. Et cet événement national va se greffer lui aussi à son tour sur un événement religieux : la fête de Pâque. Tous les premiers-nés des Hébreux sont sauvés, grâce à l’offrande d’un agneau. C’est la grande fête pascale dans laquelle le Christ va s’insérer lui-même. Ce ne sera plus l’agneau, c’est lui l’Agneau pascal : « Voici l’agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29). L’événement familial, rural, national et religieux devient l’événement christique par excellence.

L’église, elle, enfin, ne va pas prendre une autre direction. Elle va s’insérer en profondeur dans ce grand moment qui devient ecclésial. Elle le fait par toute sa liturgie, et principalement sa liturgie eucharistique. L’eucharistie, c’est la Pâque des Hébreux. C’est la Pâque du Christ. C’est la Pâque de l’église. Cette triple Pâque nous entraîne dans ce grand mouvement de la reconnaissance des droits de Dieu : Dieu premier servi.

* Les interventions de Syméon et d’Anne au Temple (Lc 2, 25-38). Elles vont éclairer puissamment les droits de Dieu et la reconnaissance de ces droits : Dieu premier servi. Le « Nunc Dimittis » de Syméon et la prophétie d’Anne.

Syméon n’est pas un vieillard, comme l’a désigné une certaine tradition. C’était d’abord un homme de désir et d’attente, un mystique plein de Dieu et de sa Parole, sûr qu’il verrait le Messie, grâce à « l’Esprit Saint qui reposait sur lui » (2, 25c). Ses sentiments intérieurs sont bien exprimés dans le « Nunc Dimittis », magnifique prière de quelques versets seulement. Mais qui contient tout !

  • D’abord, il est pleinement satisfait car il voit le Messie. Ses yeux percent les apparences. Il a vu l’essentiel : « mes yeux ont vu ton salut » (2, 30). Grâce à l’Esprit Saint, il a su discerner les signes donnés. Le Saint Esprit est nommé trois fois : c’est significatif. L’Esprit Saint allume nos yeux du dedans.
  • Ensuite, il découvre le Messie. Quels traits ? Trois : sauveur pour tous les peuples ; lumière pour les nations et les pauvres ; et gloire (le poids !) pour Israël.

C’est toujours le même regard : grandeur et transcendance du Dieu omnipotent et inaccessible et proximité du Dieu sauveur et aimant.

Syméon va terminer par une prophétie sur Marie (2, 34-35). Sans le moindre ménagement, il lui annonce tout de go, comme s’il lui jetait à la figure, une terrible épreuve : la Croix. Elle est présentée comme un glaive qui lui déchirera le cœur ! Peut-on mieux souligner son rôle de co-rédemptrice ?

Anne. Elle, elle était vraiment âgée, le texte le dit explicitement et donne même son âge (ce qui n’est pas le cas de Syméon), 2, 36-37. Elle était mystique. Le Temple était sa maison : «Elle ne quittait pas le Temple » (37). âme de pauvre, la vraie pauvreté. Elle présente Jésus comme le Sauveur de ceux qui attendent le salut. Cette appellation est bien lucanienne. Le prêtre qui officiait dans le Temple et a reçu l’offrande, n’a rien vu, rien compris, rien décelé en Jésus. Anne, elle, a tout vu, car elle avait la lumière de l’Esprit Saint.  

Dans ce récit de la présentation de Jésus, nous retrouvons bien les routes maîtresses de saint Luc : la prière (l’action de grâces, surtout), la pauvreté intérieure et l’action efficace de l’Esprit Saint.

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